Ma grand-mère s’appelait Yvonne Segalen, je l’appelais Oumi.
Oumi me disait qu’”Oumi” voulait dire “La Mère” en Tunisien. Elle m’a élevé avec mon grand-père, Tad.
Oumi s’est éteint le 15 janvier 2010, comme elle le souhaitait, dans son sommeil.
Je l’ai eu la veille au téléphone, elle voulait absolument me dire combien elle était heureuse que je parte à Shanghai. J’ai appris son décès imminent en passant les portiques de sécurité vers l’avion qui devait m’amener à Shanghai. Après avoir hésité, je décidai d’y aller par respect pour les dernières paroles qu’elle m’adressa.
Je n’ai plus envie d’écrire ici pour l’instant. Je le ferai sur mon compte flickr, pour conter pas à pas mon voyage en Chine.
Voici la lettre que j’adressai de ma chambre d’hôtel à Shanghai à ma cousine, pour qu’elle soit lue à la cérémonie qui avait lieu sans moi.
à bientôt.
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Ma petite Oumi,
Tu possédais une force intérieure que seul Dieu pouvait te donner. Tu le rejoins, je sais qu’il te garde une place au plus haut.
Tu avais un avis sur chacun et tu posais toujours un regard tendre. Sévère, parfois, car tu ne dérogeais pas à tes principes. Je t’ai craint longtemps, car tu représentais la voie de l’ordre, celle qui n’est pas facile mais qui est juste.
Tu me disais « si tu fais quelque chose, fais-le bien ». Alors je crois qu’à chaque fois que j’essaye de m’améliorer, je te le dois. Si j’essaye de battre les autres, je pense à Tad. Si j’essaye de me perfectionner, je pense à toi, Oumi.
Quand je vois la grandeur de la famille dont tu étais le socle, étant jeune, j’admire celle que tu as fondé, dont tu étais la pierre angulaire. Tu peux être fière, là où tu es, de ce que tu as accompli.
Je me souviens que tu te souvenais du moindre détail. Dans tes dernières années, je prenais un plaisir infini à t’écouter raconter tes souvenirs, aussi précis que s’ils étaient arrivés hier.
Cette mémoire infaillible, tu la devais au contrôle que tu mettais en tout, que tu avais sur chaque pièce qui participait à ton équilibre. Si Tad a pu s’abandonner, furtivement ou définitivement, c’est parce qu’il savait que tu serais là, que tu veillerais sur lui et sur chacun comme sur toi-même.
Tu étais pour moi la mère de toutes les vertus. Tu as veillé sur moi contre les autres ou contre moi-même, m’accueillant et me réconfortant dans mes jours sombres, heureuse et prévoyante quand l’avenir s’éclaircit. Merci.







