Je suis bloqué à New York. Comme de nombreux compatriotes, j’en rencontre certains ce soir qui sont d’ailleurs moins bien lotis.
Je ne crois pas que quelqu’un ait plus de chance que moi… J’ai un logement de société, je suis accueilli toute la journée chez un partenaire pour pouvoir travailler et je rentre Samedi.
Et pourtant, le bordel international que nous sommes en train de vivre devrait me rappeler à un peu plus d’humilité. Et pourtant je ne devrais pas me plaindre…
Mais je ne peux pas m’empêcher de ressentir un profond désarroi, une tristesse que je n’avais jamais connue.
Entendons-nous bien. Je suis le plus heureux des hommes, j’ai certainement le meilleur job au monde, qui me permet de découvrir des contrées inexplorées, passionnantes, de travailler dans un environnement exceptionnel, pour une marque remarquable et… qui fait plaisir au gens.
Mais depuis que mon vol a été annulé, je ressens une mélancolie inconnue à ce jour.
Voyez-vous, c’est une chose de partir pour une durée déterminée, pour des vacances ou comme dans mon cas un travail. C’en est une autre que d’être cloué à attendre le bon vouloir de la fortune ou la loterie des musiques d’attente téléphonique.
Basiquement, pendant 5 jours je ne savais pas ce qui m’attendais, quand j’allais rentrer.
Même maintenant que j’ai une réservation pour samedi prochain, je suis incertain. C’est cette incertitude, au delà de toute contingence matérielle, qui est pénible.
Tout simplement, les miens me manquent. Surtout toi.







