Ce titre est une provocation. Pour vous inviter à lire et à suivre une réflexion qui me hante… pour l’instant.
Au cours d’un déjeuner amical dans le restaurant mythique Chez Hortense, un des amis attablé me demandait avec un ton tout ce qu’il y a de méprisant et taquin : “et toi, tu Twittes ?”.
Le chien aboie, la caravane s’arrête
Si Damien savait ce que je fais sur Twitter, probablement qu’il se moquerait encore plus… J’ai dépassé depuis longtemps le stade de connaisseur. Sans être drogué aux médias sociaux, je suis un utilisateur averti. Je considère en revanche que tout professionnel de la communication qui n’explore pas avec avidité les nouveaux médias ne fait pas bien son travail. Et Twitter fait partie de ceux que j’utilise le plus assidument, par plaisir avant tout et par utilité pour nos clients.
J’étais un peu interloqué, Damien enchaîna : “je vois vraiment pas à quoi ça sert” en prenant à partie les convives, une douzaine de mâles trentenaires réunis pour un enterrement de vie de garçon.
N’osant avouer publiquement ma frénésie de gazouillis, je restais quelques secondes inerte, secoué par cette provocation. La question de l’utilité n’est finalement pas si fréquente… Mais surtout les bénéfices nombreux que j’ai constatés dans l’apprentissage puis l’usage régulier de médias de conversations me semblaient soudain inutiles devant un tel aplomb.
Sommes-nous des “Over-Share” ?
Lire à longueur de temps des présentations sur l’explosion des médias sociaux ne change pas une donnée qu’il est facile de pressentir. Un faible nombre d’utilisateurs produisent une grande proportion de contenu.
Le rapport est-il de 10% de producteurs pour 90% du contenu, comme je crois l’avoir lu dans une de ces innombrables présentations ? Serai-ce plus proche d’une bonne vieille loi de Pareto 20/80 ?
Pendant quelques temps je me suis considéré comme quelqu’un qui partage beaucoup, notamment sur facebook. Les amis que je croisais me considéraient comme un huluberlu qui raconte sa vie à qui veut l’entendre.
La synthèse est difficile
Maintenant que j’ai plein d’amis bloggers ou communicants rencontrés sur Twitter ou ici, avec qui j’ai également connecté sur linkedin, facebook ou en chair et en os, je me considère comme un petit joueur, et je ne me rends plus compte de ces décalages.
Revenons à notre déjeuner. Par plaisir de partager le bonheur des moules d’Hortense et prendre les 5 points d’un premier check-in, j’avais bien sûr mis à jour mon compte foursquare. Damien m’avait surpris en plein check-in.
Et me voilà embarqué dans une explication de la géo-localisation, du social gaming et du guide touristique crowd-sourcé à une assistance qui connaissait à peine l’existence de Twitter.
J’ai sombré dans l’effroi quand j’essayais d’attraper un hochement positif dans les yeux de mes amis. Ce fut un bide. Ils retournèrent rapidement à leurs problèmes de banquier, de primo-accédant ou de jeune-papa.
Autour de moi, pas un tweet
Effondré, je regardais autour de moi et observais les clients du restaurant. Des familles essentiellement, un ou deux groupes comme le nôtre. Je cherchais un smartphone qui foursquare, un iPhone qui twitte. Rien. Le Néant. Le Désert de Gobie du bouton like.
Depuis, cette scène me reviens et m’amène son lot de réflexions. Ne sommes nous pas 500 millions sur facebook ? Les tweets ne s’échangent-ils pas par milliers ? Les groupes de discussions et forums ne sont-ils pas remplis de la masse populaire si prompte au flamewar ?
Et pourtant j’étais seul chez Hortense parmi une bonne centaine de clients attablés. Et 4 au moins de mes 12 amis refusent d’ouvrir un compte facebook.
Et pourtant, chacun a sa micro communauté
Serions nous-seuls ? over-share parmi les over-share ? à twitter, liker, commenter et écrire sur des blogs qu’entre-nous ?
La réponse est bien sûr négative. Damien que j’aime beaucoup quant il n’est pas trop taquin achète, vend et…commente sur ebay. Julien à ses côtés est passionné de voitures de sport et passe un temps fou sur les forums du club Lotus. Si l’on continue le tour de table, Baptiste est amateur d’art contemporain et a rejoins une communauté web qui permet d’évaluer le prix des oeuvres dont je ne me souviens plus le nom… En réalité chacun à cette table interagit avec une micro-communauté sur le web, en fonction de ses goûts, passions et activités.
L’un d’entre nous a même fondé son propre réseau social professionnel.
Mon métier est la communication, je suis donc sur Twitter. ouf.
Notre mission n’est pas finie
Et si encore un grand nombre d’entreprises parmi les pme/tpe n’ont même pas de site web, il est probable que leur chef d’entreprise utilise des médias sociaux à son insu. Si les ayatollahs sont exacts et que nous sommes passés de l’ère du “Search” à la décennie des médias sociaux, alors il est même possible qu’ils n’aient même plus besoin de site web
Mais pour cela, ils auront besoin d’évangélisation, de conseil, d’assistance à la production ou à la définition de messages, de stratégie ou d’objectifs.
Je vais donc en faire une présentation, ça ne sera pas de trop.
La plus grosse erreur serait d’ignorer les médias sociaux
Car finalement, la réponse que j’aurais dû faire à Damien, c’est Mathieu qui la posa comme une évidence :
“Tu peux ne pas prendre part au phénomène, mais ce serait une grosse erreur que de l’ignorer”.






