Françoise Gri nous propose son premier livre, qui est un livre engagé et un appel à réagir. Il s’intitule Plaidoyer pour un emploi responsable (Amazon Affiliate Link).
Ce livre répond à ce que l’on sent être pour son auteur un besoin. Un besoin de réagir a ce que la crise a causé de bouleversements sur son entreprise et le marché qu’elle côtoie tous les jours en tant que Présidente de Manpower, le marché de ‘emploi .
Un autre besoin semble s’exprimer ici : celui de s’engager pour que les mentalités évoluent et que la société civile prenne conscience des enjeux qui se présentent à elle.
Une Analyse, 30 exemples
Ce plaidoyer de Françoise m’a surpris dans sa forme. Il est constitué tout d’abord d’une série de 8 petits chapitres traitant des grands thèmes de l’emploi, du moins ceux qui tiennent a cœur a Françoise (je peux vous appeler Françoise ?).
Vous trouverez ensuite une 30aine d’exemples qui illustrent ces engagements. Ces exemples sont ceux de chefs d’entreprises, le plus souvent des PME, et de leur engagement sur les valeurs décrites dans les premiers chapitres.
Autant dire tout de suite que je m’attendais à une analyse plus en profondeur.
L’entrepreneuriat est admirable quand il est engagé
Les exemples portés par des entrepreneurs sont pour la plupart très intéressants. Ils donnent d’ailleurs une perspective sur les challenges de l’entrepreneuriat au sens large, au delà de l’emploi, a travers les histoires atypiques de chacun.
Mais tous ne m’intéressent pas… Je reste sur ma fin alors que la présidente de Manpower nous livre une analyse convaincante et moderne, portée avec force et conviction qui rejoins tous les combats auxquels je crois. Ces enjeux qui placeront l’entreprise et ses responsables au cœur des transformations du marché l’emploi.
Plaidoyer pour un Emploi Responsable
Je vous propose de reprendre ici les passages qui m’ont particulièrement marqués et de vous joindre à moi pour les commenter. Je crois que l’emploi est un sujet qui mérite largement une discussion collective.
Si vous avez un avis, svp partagez-le.
1. L’entreprise doit proposer d’adhérer à un projet, et non plus une forme d’appartenance.
Je considère cette notion adéquate au rapport que nous avons actuellement à un travail. Nous sommes intéressés à un objectif global qui fait écho à une aspiration personnelle.
Ceci est particulièrement vrai en matière de recrutement.
2. La France a une tendance au mimétisme, notamment dans ses classes dirigeantes.
C‘est un constat cruel pour la France. Je regrette tellement de ne pouvoir y échapper, nous devons tous être vigilant et favoriser l’envie, la volonté et les qualités atypiques.
3. La diversité bouleverse les entreprises, son acceptation de manière globale est cruciale.
C‘est une mission de chacun, probablement la plus dure. Je n’ai pas besoin de rappeler que les équipes qui affichent une plus grande diversité à tous les niveaux de compétences ont de meilleurs résultats.
D’autres articles de ce blog traitent ce sujet qui me tient à coeur :
- Benchmark – Diversité
- Twinterview de Fadhila Brahimi – La diversité en entreprise et en communication
4. Le leadership féminin est encore sclérosé, principalement à cause du “plafond de verre”
L‘attentisme des femmes est là encore un combat de dirigeant. Françoise est un modèle trop rare. Je ne peux qu’abonder dans ce sens.
Je reprends ici ses mots :
“Aujourd’hui la question qui se pose aux femmes dans les entreprises est simple : comment doivent elles exprimer leur ambition ? Une ambition qui milite pour un intérêt plus grand de la mission plutôt que pour une étoile de plus sur ses épaulettes.”
5. La diversité n’est pas la seule responsabilité individuelle des dirigeants, ce doit être une réelle politique d’entreprise pour une meilleure gestion des talents.
Que dire de plus ?
+1
6. La transparence, ça ne veut pas dire tout dire.
Françoise Gri affirme, qu’au delà d’une langue de bois adoptée pour conserver une sorte de cohésion fictive ou de paix sociale, les dirigeants peuvent adopter une posture de vérité et de responsabilité.
Le temps réel est là, il suppose une transparence et l’entreprise n’est pas en dehors de ce jeu.
7. L’engagement des collaborateurs est incontournable.
L‘engagement est lié à la performance, cela rend ce vœu cynique. Mais nous savons bien que nous préférons être engagé et performant que distant et lassé.
8. Retrouvons le goût du long terme.
La crise est là, mais qui croit sincèrement que les choses aient changé, que les paradigmes aient bougé ?
Moi pas. J’ai l’impression, comme l’exprime Francoise, que le discours a vécu, que rien n’a changé vraiment.
La tribune à laquelle a participé l’auteur pour défendre la création de valeur et l’entreprise comme moteur de progrès social est brillante.
Mais présenter ainsi la création de valeur comme réponse à la crise, même sur le long terme, n’est-il pas un remix de discours datés ? Que la parole suive les actes, comme Françoise l’exprime, certes. Cependant je ne vois pas d’issue sans engagement politique.
Dans cette tribune qu’elle partage notamment avec Pierrre Kosciusko-Morizet, Christian Nibourel ou Jean-Pierre Clamadieu, les auteurs défendent l’employabilité des salaries, le développement durable, la diversité. Où en est-on aujourd’hui ? Qui me laissera croire que ces notions ont évolué depuis 2008 ? Je dois être impatient.
9. Portraits d’entrepreneurs
Pour finir, je voudrais retenir ici les parcours presentés dans ce livre qui m’ont touchés ou marqués.
Je pense à Bertille Burel, de Wonderbox, Daniel Lafranche de Bretagne Ateliers, Didier Plas de Genitech, Guillaume Richard d’O2 ou encore Yann Rolland de Bel’M.
Il y en a beaucoup d’autres, tous passionnants et instructif sur la gouvernance d’entreprise et le courage social de ces créateurs. Mais je vous renvoie a la lecture du livre, je ne voudrais pas trop en dire.
Mon avis ? A lire. Mais surtout à transcrire au quotidien.
J’ai donc été surpris par la structure, mais je vous en recommande la lecture.
Et je vous invite surtout à réagir à ses propos résumés ici, les commentaires sont à vous.







