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Vendredi 1er Juillet, 11h du matin.
Je viens de vivre une semaine de folie, animée par Prince, sa musique, et un sentiment de plénitude, de plaisir et de manque mélangés.
Je dois ici un petit flashback. Je suis un ancien Fan de Prince. J’ai écouté ses albums et quelques bootlegs en boucle pendant environ 5 ans entre 15 et 20 ans. Je l’ai découvert tard dans sa carrière, au moment de la sortie de Love Symbol, mais me suis vite rattrapé pour engranger tous les albums officiels et quelques aftershow devenus classiques.
Je faisais partie de ceux qui tentaient d’expliquer “le changement de nom”, le conflit avec sa maison de disques, sa volonté de publier plus fréquemment, sa relation au travail musical ou à ses fans.
Puis je suis devenu un fan en sommeil. J’ai arrêté de suivre les productions du Kid une fois qu’elles ont été moins visibles. Je le regrette un peu maintenant. Je sais aussi que rien ne sera plus jamais comme avant. J’ai toujours tous les albums officiels, mais pas un concert en 15 ans. Ce qui m’apparait maintenant comme une criante erreur.
Cette semaine me changera à jamais
Le réveil de cette passion commença réellement avec la rencontre de Raphy en ses locaux professionnels. L’identification de l’affiche de Rainbow Children me laisse penser à un vrai fan. Je découvre qu’il est en fait l’ordonnateur de Schkopi, probablement la plus grande communauté web francophone autour de Prince.
En quelques échanges, il me fait regretter de n’être pas allé au concert du Grand Palais, puis d’Arras. Je me rattrape grâce à lui en écoutant quelques enregistrements d’Arras, et me promet de ne plus manquer à l’appel, de me rendre au prochain concert Français.
Ce fut chose faite en prenant mes billets pour le Stade de France. Encore une erreur de débutant, je confonds la Pelouse Or et le Carré Or… Je serai en Tribune, so be it.
Avec l’approche de l’événement, je commence à découvrir Schkopi, puis me rends compte de la taille et de la variété de cette communauté. Des fans hard-core, d’autres plus mesurés, des passionnés toujours. Et quantité d’infos, de liens, d’humeurs, de débats.
Le Petit Prince du Grand Journal
Chance ou hasard, je me connecte à l’annonce du passage de Prince au Grand Journal et fais partie des heureux sélectionnés.
Je pense bien avoir pris la plus grande claque musicale de ma vie.
Du rif d’entrée de We Live to Get Funky jusqu’à la défilade sur D.M.S.R, je pris un pied indescriptible et inimaginable en vidéo. On dit que ce sont les expériences qui rendent heureux, pas les objets. Je connaissais l’objet musical Prince, il me fallait voir l’OMNI à deux mètres pour vraiment comprendre le génie du bonhomme.
Une basse lourde, une batterie de maître, des claviers inspirés. Et cette beauté d’ailleurs, Andy. Elle ne joue pas aussi bien à la guitare que l’on pourrait l’espérer (sic), mais elle compense par sa présence. Elle est bonne quoi. Et elle flirte avec le crayon comme avec le princeau, c’est frais, c’est beau.
Et ce rythme. Cette envie de danser qui vous prend comme une envie de jouir. Pas disque ne transmettra l’expérience Live de Prince et de son groupe d’artistes.
On sent en lui une maîtrise totale, de chaque composition, variation, de chaque instrument bien sûr. Les autres sont au niveau, Prince ne s’entoure pas pour se valoriser, mais de ceux qui sont prêts à le suivre. 300 titres et autant d’occasion d’improvisation. Jazz meets Funk meets R&B meets Love of Music.
J’ai une larme qui perle sur Shhh. Cette chanson qui représente des années perdues, que j’écoutais pensant être seul. La version grand journal est un bonheur intense. Je quitte le plateau de passionnés avec une nouvelle promesse, celle de tout faire pour voir la before ou l’after-show.
Stade de France en feu
Sans nouvelles princières pendant trois jours, je me rends au Stade de France. La tribune donc. Ca manque d’ambiance. Mais cela reste pour moi une nouveauté.
Probablement que les habitués sont déçus par Purple Rain, ce sera pour moi une deuxième pluie de chaudes larmes, à défaut des paillettes de la pelouse. Les solos de Maceo, les impros de basse. Beaucoup de classiques, ce qui me ravit finalement. J’ai même aimé le Morceau de la Diallo, c’est dire comme je suis un newbie.
Mais un newbie heureux de rattraper le temps passé, de tirer sur les joints qui partaient en fumée près de la rangée 15, de vivre un Little Red Corvette enflammé.
Ce sentiment qu’il pouvait, qu’il devait continuer toute la nuit. Damn you, couvre-feu.
La Société des bienheureux
Je quitte le stade de france déçu que cela se finisse aussi vite. Mais en regardant le forum Schkopi et Twitter, je décide très vite de me rendre au restaurant La Société. On ne sait jamais. Je suis dans les 50 premiers, pas mal. Master Yoda Raphy est au premier rang de la file, bien sûr…
Avec un peu de chance je rentre dans les lieux, on ne me demande pas un centime, tant mieux. J’aurais été prêt à donner beaucoup pour vivre ces 30 minutes de bonus.
Un avion à prendre m’empêchera de profiter de la 2ème itération de We Live to Get Funky que j’attendais tant. Mais j’ai eu ce Love Bizarre d’anthologie. J’étais aux premières loges pour observer Prince comme un gamin et un maître d’oeuvre au milieu d’une smala de Funk. C’était une after party, une vraie. Tout le monde s’amuse. Je suis privilégié d’avoir sous les yeux cet enfant prodige, ce maître du son dans ce qui reste l’essence même de sa vie musicale : une totale liberté et une pleine maîtrise. Cet homme, sa folie. Le bonheur qu’il donne.
J’ai loupé mon avion et je suis chez moi après cette nuit blanche. Ivre. Envouté. L’envie de partager. Merci.
Je suis changé à jamais. Comptez sur moi pour les prochaines occasions, je saurai les saisir.





