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Le rdv est à 7h45. Il est 8h45 tout va bien. On commence à rentrer. Pas de badge, pas de chocolat.
Il serait curieux de se plaindre de participer à un événement aussi prestigieux que LeWeb quand on y a été invité. Loin de moi cette idée. Mais je souhaite donner des impressions. Un sentiment. Quelques réflexions qui trottinent pendant que ça cause en plénière.
Depuis quelques heures je réalise plein de mini-interviews pour essayer de donner un peu de visibilité à des entrepreneurs au travers du Tumblr de France Télévisions qui m’invite à cet événement.
Quels sont ceux auxquels je parle ? A ceux que je connais, en vrai ou sur le web. Je rencontre enfin des profils connus, je met une tête sur un tweet.
Je développe une théorie par ailleurs qu’un blog n’est qu’un lieu d’accueil. Une tribune posée dans une salle vide. Vous parlez de bouffe ? Votre blog est un restaurant. Vous avez une petite audience ? Vous êtes en comité. Vous parlez à l’emporte-pièce et charclez votre prochain comme cela peut m’arriver ? Vous tenez un bistro.
Vous avez une large audience à la Presse-Citron ? Vous avez construit un Zenith. Je pense que vous avez compris mon propos.
Cette idée d’une plateforme de contenu comme lieu d’accueil donne une perspective bien différente au networking que l’on peut y faire. Si vous êtes seul à y prendre la parole il est probable que vous ne vous parliez qu’à vous même. C’est bien. Mais ce n’est pas suffisant.
Et où sommes nous ici ? A cet événement où je rêve d’aller depuis deux ans et où je n’aurais jamais mis un centime. Ma société n’en a pas encore les moyens, d’ailleurs elle n’est pas encore fondée. Bien que son activité soit bien fondée elle, au vu des premiers contacts.
Mais il y a bien des sociétés qui payent pour venir ici ? Des grosses sociétés. Des médias. Et des petites boites aussi. Des start-ups.
Les start-up en général sont invitées. Les blogueurs comme moi sont invités par France TV, IBM, Orange ou quelques autres gros qui ont des stands. En général les start-up en compétition ont levé des fonds ou sont en train de le faire. Auprès de qui lèvent-ils des fonds ? Auprès des gros, bon. Et les médias diffusent. Certains ont d’ailleurs levé des fonds eux aussi. Le poisson se mord pas la queue, mais on est pas loin.
Donc sur les 3000 participants, combien d’entrées à 2000 € pour 3 jours ont été effectivement payées ? Probablement 2 bons tiers. Ca en fait du kilo de sushi pour nourrir tout ce monde. Et même pas un ricard à se mettre dans le gosier.
Oui je vais faire dans l’alcoolisme, il parait que la misogynie ne me va pas très bien. Parce que quitte à voir de la braguette pendant 3 jours, autant le faire avec un coup dans le nez. Les participants à l’événement sont à 90% des hommes, et je vois pas beaucoup de couleurs…
Donc je prend mon ricard sans alcool (de l’eau quoi) et je fais mon petit tour. Je vois des stands. Des gens qui vendent leur sauce. Des blogueurs américains que j’admire et que je lis. Je m’installe à une table dans les premiers rangs en salle plénière pour pouvoir bloguer. Avant de commencer et de fourbir mes armes, je me tourne et fait face à l’assistance.
Des têtes baissées.
Pas de honte. Les têtes baissées du 3eme écran. Entre l’iPhone et le laptop. Du tweet au statut, du foursquare, de l’instagram. De la mélasse high tech pour le plaisir.. de ceux qui n’y sont pas. Et je suis censé bloguer ? A quoi bon ?
Pourquoi donner 4 millions (2000 x 2000 pour les deux du fond qui baillent) à une conférence qui est retweetée par tous ses participants et retransmises par 3 FLUX EN DIRECT. Je me souviens. L’année dernière j’étais le cul sur mon bureau à bosser et j’avais tout vu de l’événement.
Ces têtes éclaircies d’un reflet bleu qui n’écoutent pas un parterre de gens si brillants, c’est intrigant. C’est une mise en abime absolue. Le tweet du néant. La tribune dorée des immortels du web, qui laisse à la longue traine ce souvenir du temple de l’éphémère.
Chaque check-in est oublié. Aucune tête ne le sera elle.
Car la raison de tout cela, c’est le networking. LeWeb est un lieu d’accueil pour faire du réseau. On y revient. Et pas de réseau. Ce putain de wifi qui m’empêche de publier vite. Mais de toute façon t’aurais dit quoi coco ? Google vend ses derniers produits. Un ancien de Facebook nous montre son appli qui est en première page de l’appstore, Facebook amadoue, Kevin Rose fait sourire. Et tout le monde voit tout ça en live. Ceux qui sont là ne regardent pas, ceux qui ne sont pas là peuvent regarder.
Le réel est donc dehors. Petit four, verre de Perrier. Il est midi je suis un gueudin. J’interview, je rencontre, je réseaute. Par capillarité. Un ami me présente un ami. Des inconnus deviennent des amis.
Et tout le monde est plus ou moins là à cause ou pour les bonnes grâces d’un investisseur ou d’un Orange ou Microsoft. Tout cela manque de Dandysme, c’est certain. Je verrais bien tout ce beau monde danser sur un podium avec Kaskade aux platines. Mais la teuf c’est pour demain.
Et demain ? Je recommencerai.
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Bisou à Cath_Woman, qui me pousse à écrire.





