Les contenus des médias sociaux se perdent au fil du temps, faute d’archive universelle. Les mouvements historiques qui font l’actualité et changent le monde sont transformés en temps réel, mais ne pourront pas être observés par les historiens. Et si cela sonnait la fin de l’histoire sur les médias sociaux ?
L’émergence de l’utilisation des médias sociaux dans des mouvements populaires, notamment certaines révolutions politiques ou guerres civiles au Moyen Orient et en Afrique du Nord, amènent à concevoir l’Histoire d’une nouvelle manière. La parole militante ou transformante s’exprime, vit et combat à la vitesse du tweet ou via des réseaux communautaires fermés, sur facebook ou ailleurs.
Ce champ d’étude en est un pour les journalistes, qui relatent en temps réel. Le temps qui passe est observable du temps réel sur les médias sociaux. Mais qu’en est-il du temps qui reste, celui cher aux historiens et aux écrivains ? Une étude originale montre que les médias sociaux conservent peu d’archives et elles ne sont pas toujours consultables. Cette destruction des contenus des médias sociaux est d’ailleurs en nette augmentation au fil des années.
Vous souhaitez observer les combats Syriens ? N’attendez pas. Dans quelques mois les contenus des conversations seront effacés, sans autre forme de procès.
25% des contenus des médias sociaux périssent en 3 ans, effaçant l’histoire commune
Hany SalahEldeen et Michael Nelson de l’université Old Dominion à Norfolk en Virginie montre l’effacement de l’histoire en rapprochant les archives disponibles des médias sociaux des événements historiques récents. Les chiffres sont éloquents : au bout de 3 ans un événement comme mort de Michael Jackson voit 50% des contenus des médias sociaux qui s’y réfèrent archivés et non disponibles, et 25% purement et simplement détruits. Ce constat est aussi valable pour l’élection Iranienne qui eut lieu la même année.
Comment continuer à étudier ces phénomènes ? Le temps de la recherche sur des volumes de données gigantesques ne peut pas s’accorder de cette destruction si rapide. Si le web est le cerveau du monde et les médias sociaux sa parole, il est urgent d’en créer une trace écrite, pérenne. Et de ne pas laisser ce pan de culture aux bon vouloir des conditions générales de sociétés Californiennes ou Chinoises. Probablement un rôle pour Internet Archive, mais quand et comment ?

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